LECTURE : Victoria Hislop, L’île des Oubliés

Mélanie Fiol nous propose de retrouver plusieurs de ses lectures, au fil de ses inspirations, dans cet article, elle présente l’Ile des Oubliés, publié aux éditions Les Escales en 2012 et primé du Prix des lecteurs dans la sélection en 2013.

Les grandes lignes 

Alexis, une jeune femme anglaise diplômée d’archéologie décide de se rendre en Crète pour l’été. Intéressée par l’histoire du pays, elle espère renouer avec son compagnon Ed, personnage antipathique et désintéressé. Pourtant il n’y a pas que les beaux paysages et sites archéologiques qui poussent Alexis à se rendre à Plaka, petit village de la côte nord de la Crète.
Sa mère Sophia, y est née et y a vécu jusqu’à ses 18 ans, avant de tout plaquer pour l’Angleterre. Un voile de pudeur et de silences entoure l’histoire de Sophia et tout dialogue avec sa fille mène à des impasses. Alexis espère donc en apprendre un peu plus sur ces origines crétoises et peut être éclaircir les mystères autour de sa mère.
En se rendant à Plaka, une terrible nouvelle attend Alexis : de 1903 à 1957 l’île de Spinalonga située en face de Plaka aurait été une colonie de lépreux où son arrière grand y aurait péri…
Pourquoi Sophia a-t-elle rompu si violemment avec son passé ? Quel est le mystère de cette île surplombé par les ruines d’une forteresse vénitienne ?

Spinalonga la léproserie

Bien que notre souvenir de la lèpre semble lointain, Spinalonga abritera au cours de ces presque soixante années entre 300 et 500 lépreux. Le 9 juillet 1901, le parlement crétois adopte la loi 375 qui prévoit l’arrestation de tous les lépreux de Crète et leur déportation vers Spinalonga. L’île était alors encore habitée par près de 1 200 habitants turco-crétois, qui sont forcés de quitter les lieux.
L’enfermement des lépreux est vu essentiellement comme une mesure sanitaire pour protéger les gens sains. Il n’y a en effet aucun traitement disponible au début du XXe siècle et le mode de transmission est encore inconnu. Pourtant l’imaginaire et la peur autour de la maladie soumettent les malades à un rejet total de leur pays et de leur peuple.        
Privés de droit, de nationalité et de soin, les malades vivent dans des conditions sanitaires déplorables. Au sein de cette communauté de laissés pour compte, Epaminondas Remoundakis, un des rares éduqués met sur pied la « Fraternité des malades de Spinalonga ». Il se démènera pour améliorer les conditions de vies de malades et réorganisera la colonie en petit village incluant commerces et boutiques.
En avril 1957, l’île cesse de fonctionner comme léproserie nationale et les malades sont petit à petit transférés vers l’institution d’Agia Varvara près d’Athènes. Bien que guéris, une bonne partie des habitants de Spinalonga ne peuvent rentrer dans le village, où ils sont rejetés par leur famille et toujours considérés comme lépreux. Ils reconstituent alors une communauté à Agia Varvara.

Depuis la sortie du livre de Victoria Hislop et l’adaptation télévisée qui en a été tiré, l’île devient propriété de l’Office du tourisme et connait une redécouverte de ce pan historique, volontairement oublié.

Quelques mots sur l’autrice

Victoria Hislop est une femme de lettre anglaise, née en juin 1959 à Bromley. Diplômée de littérature anglaise de St Hilda’s College d’Oxford, elle a travaillé dans l’édition et les relations publiques avant de devenir romancière.              
Son premier roman, L’Île des oubliés, paru en 2005, a reçu le prix de la révélation littéraire en Grande-Bretagne. Traduit dans vingt-six pays, il s’est vendu à plus de deux millions d’exemplaires à travers le monde.

Victoria Hislop

Bilan du livre

Sans nul doute une très belle découverte littéraire. Ce récit original captive tant par la description des paysages crétois que par l’histoire de la famille d’Alexis, racontée sur 4 générations. Les personnages attachants font, pour certains, penser aux héros d’une tragédie grecque au destin torturé. Malgré tout leur force et leur ténacité nous portent tout au long de ces 500 pages que l’on distingue à peine. Spinalonga quant à elle, serait presque un personnage à part entière ! Captivante par son histoire, elle est aussi détestée et signe de mort pour les habitants de Plaka qui n’apprécient pas sa présence dans leur environnement proche. Nous pouvons facilement imaginer que le récit que restitue Victoria Hislop et la vision du reste du monde sur la léproserie sont fidèles à la réalité de l’époque. Car il s’agit bien de parias ici, dont la vie bascule complètement au point d’être exilés et séparés de leur famille. Le livre compte des temps forts qui permettent au récit de ne pas s’essouffler bien que le temps de narration se fait de manière chronologique. Le tissu familial d’Alexis est raconté de sorte que chaque personnage prend sa place et nous donne une vision d’ensemble efficace.

Pour en savoir plus sur Spinalonga                             

–  le récit autobiographique d’Epaminondas Remoundakis « Vie et mort d’un crétois lépreux « 

un blog qui retrace l’histoire de l’île 

un article de presse

– De nombreuses vidéos Youtube promeuvent le site pour des excursions touristiques, l’occasion de découvrir les beaux paysages crétois et l’île.

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